L’évaluation médico-légale des victimes de traumatologie maxillo-faciale

Le port du casque ne constitue pas une obligation dans bon nombre d’activités bien qu’il soit recommandé.

On peut citer notamment la pratique de l’équitation, du ski ou du vélo. Une chute dans ce type de discipline entraîne malheureusement trop souvent de lourdes conséquences.

Or, dans bon nombre de cas, le port de ce casque permettrait d’éviter ou à tout le moins de limiter les traumatismes maxillo faciaux.

 

Bien entendu les accidents de la circulation restent l’une des principales causes de traumatismes maxillo faciaux.

 

On peut distinguer deux phases dans la réparation maxillo faciale, à savoir :

 

· Les réparations primaires

Dans le traitement d’urgence, elle ont notamment pour but de traiter le risque de morbidité.

Le chirurgien maxillo facial sera intéressé au premier chef et pourra avoir recours aux compétences de neurochirurgiens ou ophtalmologistes.

 

· La réparation secondaire

L’objet sera ici de traiter les séquelles de l’accident.

Le traitement des traumatismes maxillo faciaux poursuit différents objectifs :

· Une réparation anatomique, squelettique et des parties molles dans la perspective d’un résultat esthétique

· La restauration fonctionnelle qui intéresse l’activité de mastication, ventilation, déglutition, phonation

· La préservation des fonctions sensorielles et sensitives

 

On précisera que les troubles sensitifs sont fréquents en raison de l’atteinte des branches du trijumeau (V1, V2, V3).

Dans le cadre de fracture de la mandibule, il est courant que le nerf sensitif soit atteint.

Il existe fréquemment un dysfonctionnement temporo mandibulaire dans les suites de cette fracture.

Les spécialistes devront être vigilants sur la présence de ce type de fracture qui souvent ne se voit pas en raison de l’engrainement des dents.

 

Les enfants victimes d’un choc, notamment au menton, devront être particulièrement surveillés.

Une fracture condylienne peut en effet résulter d’un simple choc au menton.

Or, il peut en résulter une expulsion des germes à parfois deux à trois ans du traumatisme.

Il est donc important d’éviter dans de bon nombre de cas de rechercher une consolidation trop hâtive.

 

S’agissant d’un traumatisme dentaire, même mineur, il ne faut surtout pas consolider avant dix-huit mois.

Ce recul est en effet nécessaire, puisqu’il est médicalement établi que le nerf meurt à distance du choc.

 

Dans l’hypothèse d’atteinte orbitaire, il faut veiller à ce que le sac lacrymal ne soit pas lésé.

De telles séquelles entrainent en effet une sécheresse oculaire.

 

En cas d’atteinte des parois du globe oculaire, la chirurgie quant à elle ne permet malheureusement souvent qu’une très mauvaise récupération esthétique en raison de la fonte de la graisse.

 

 

La chirurgie maxillo faciale nécessite une intervention très souvent pluridisciplinaire recourant à des spécialistes en chirurgie maxillo faciale, neurologues, ORL, stomatologues, ophtalmologues.

 

Dans une perspective indemnitaire, il est essentiel que les victimes s’arment de patience et recourent à une batterie de tests afin que l’ensemble de leurs séquelles puisse être appréhendé.

 

Une consolidation trop précoce expose les personnes victimes d’un traumatisme facial à ce que bon nombre de leurs préjudices soit omis.